FMI: l’heure de vérité pour la République du Congo

Les administrateurs du Fonds monétaire international étaient censés décider ce jeudi de la reprise ou non des prêts au pays pétrolier d’Afrique centrale. On se souvient qu’en 2017, les négociations avaient été suspendues après la découverte de l’ampleur de la dette publique, qui avait été cachée au FMI. En mai dernier, l’optimisme était de mise à nouveau, après qu’un accord a été trouvé avec le premier créancier du pays, la Chine.

Le FMI en avait fait un préalable à toute reprise de l’aide, renégocier avec les créanciers chinois cette dette publique faramineuse estimée à plus de 3 milliards de dollars.

C’est d’ailleurs la première fois que la Chine et le FMI coordonnent ainsi leur action dans le cadre d’un programme d’aide du Fonds.

Sur les conditions des accords sur le rééchelonnement Chine-Congo, il y a eu beaucoup de spéculations. Au siège du FMI ce jeudi, on en saura peut-être davantage sur les conditions de cet accord.

Le Congo-Brazzaville a-t-il de bonnes chances de se voir octroyer ce plan de sauvetage du FMI ?

En tout cas, les équipes du FMI qui avaient achevé leur mission sur place au printemps dernier avaient bon espoir qu’une aide sur trois ou cinq ans soit débloquée. La mission avait affirmé qu’elle recommanderait au conseil d’administration du FMI de donner son accord.

Aussi bien parce qu’une issue favorable a été trouvée concernant la dette chinoise que parce que la situation budgétaire de l’État s’est nettement améliorée à force de réduire les dépenses.

La mission du FMI avait également demandé au Congo de boucler au plus vite les négociations avec ses créanciers commerciaux, au premier chef, les négociants en pétrole Glencore et Trafigura, dont les créances dépassent le milliard de dollars.

On a appris cette semaine qu’un autre acteur réclame son milliard, la société Commissimpex, en conflit depuis trois décennies avec l’État du Congo pour des financements d’infrastructures jamais honorés.

Fort de plusieurs décisions de justice favorables, son dirigeant, l’Anglo-Libanais Mohsen Hojeij, demande au FMI de ne pas octroyer d’aide tant que le contentieux n’est pas soldé.

Et la société civile aussi donne de la voix en amont de la décision du FMI

Si ce plan d’aide est accordé par le FMI, ce sera bien sûr une énorme bouffée d’air pour une économie congolaise asphyxiée.

Mais les ONG qui suivent de près ce dossier, « Publiez ce que vous payez » ou « Global Witness » (pour n’en citer que deux), appellent à instaurer la transparence dans les accords concernant le pays.

Elles rappellent que les autorités de Brazzaville ont menti au FMI sur l’ampleur de la dette, qu’on ignore toujours à ce jour les conditions posées par Pékin pour le rééchelonnement de la dette congolaise. En somme, disent ces ONG, il serait absurde de retomber dans les mêmes travers qui ont mené le pays à sa perte.

►En Bref,

En pleine restructuration, la Deutsche Bank va avoir de nouveaux ennuis avec la justice américaine

Selon le Wall Street Journal, le puissant département de la Justice (DoJ) s’intéresse au rôle de la banque allemande dans une affaire de détournement de 3,5 milliards de dollars issus du fonds souverain malaisien. C’est le scandale connu sous le nom de « 1MDB ».

La justice américaine soupçonne qu’aux côtés de Goldman Sachs, la Deutsche Bank aurait versé dans ce scandale tentaculaire qui a coûté des milliards de dollars à l’État malaisien. D’après le journal américain, c’est d’ailleurs la star déchue de Goldman Sachs en Asie, Tim Leissner, qui aurait mis les enquêteurs sur la piste de la banque allemande. Qui, de son côté, plaide la bonne foi.

Le Forum mondial des producteurs de café s’est ouvert hier à Campinas, au Brésil

Pour cette 2e édition, c’est la chute des cours qui est de tous les débats. Le prix de la livre de café est passé de 1,5 dollar en 2016 à moins d’un dollar cette année. Conséquence, les petits producteurs souffrent. Leur pouvoir d’achat s’est tellement détérioré que beaucoup pensent à rejoindre les cohortes de paysans qui s’installent en ville, ou partent aux États-Unis.

Parmi les pistes discutées au forum de Campinas, demander un prix minimum de 2 dollars la livre et établir un lien direct entre producteur et consommateur.

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