Sanctions de l’ONU contre les fossoyeurs de la paix au Mali : Quand la France et les USA s’inscrivent définitivement dans la diversion

Le Conseil de sécurité de l’ONU a longtemps brandi la menace de sanctions contre « ceux qui font obstacle à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix de 2015 au Mali ». Il a fini par prononcer ces sanctions, mais ces mesures apparaissent totalement inefficaces et frôlent la diversion

 Le Conseil de sécurité de l’ONU a ajouté, le mardi 9 juillet dernier, cinq noms à sa liste de Maliens sanctionnés pour entrave à l’application de l’accord de paix de 2015. Parmi ceux-ci, l’on signale le nom du député élu à Bourem, dans la région de Gao, Mohamed Ould Mataly, d’un homme d’affaires, Ahmed Ag Albachar, non moins conseiller spécial du gouverneur de la région de Kidal.

Si le parlementaire est accusé pour son opposition aux réformes administratives et politiques à Gao et suspecté d’être en connivence avec des réseaux de trafic de drogue, le Conseiller du gouverneur de Kidal serait, lui, impliqué dans des attaques contre des Casques bleus, les FAMA ou la force G5-Sahel. Il lui est aussi reproché des « entraves à la distribution de l’aide humanitaire dans la région. « Aucune action humanitaire ne peut être réalisée sans qu’il en soit informé et qu’il ait donné son accord », précise un rapport de l’ONU.

Les trois autres Maliens fichés sur la liste noire de Washington sont: « Houka Houka Ag Alhousseini, né en 1962, enseignant, nommé par le chef islamiste Iyad Ag Ghaly comme responsable de la région de Tombouctou. Il est accusé d’avoir des liens avec des organisations terroristes; Mohamed Ben Ahmed Mahri, né en 1979, accusé de fournir un soutien financier à des organisations criminelles et de diriger un réseau de trafic de cannabis transfrontalier; et Mahri Sidi Amar Ben Daha, né en 1978, un des responsables militaires du Mouvement arabe de l’Azawad (pro-gouvernemental) », lit-on dans les documents du Conseil de sécurité.

A bien analyser ces décisions et la réalité du terrain, l’on se rend compte que ces sanctions onusiennes n’ont en rien altéré la volonté des cadres de la CMA et de divers groupes terroristes affiliés ou proches de poursuivre leurs manœuvres séparatistes et de désagrégation de l’Etat malien. Ce qui a fait que, depuis 2012 et plus fortement de 2014 (après la visite sanctionnée d’affrontements meurtriers du Premier ministre Moussa Mara en mai 2014) a fait aujourd’hui que l’Etat malien a définitivement perdu son contrôle sur la région de Kidal. A ce jour, même les délégations officielles maliennes n’arrivent pas à se rendre à Kidal, visiblement coupé du reste du pays. Alors que cette ville et sa région (Tessalit) hébergent une base de la MINUSMA et plusieurs éléments de la force Barkhane.

Des vidéos et des témoignages concordants assurent que des géologues et des agents des mines français contrôlent et exploitent de l’or et d’autres ressources dans certaines contrées de la région de Kidal, sans aucun regard de l’Etat malien. On en conclut alors que les Français et les Américains semblent manœuvrer pour faire échapper définitivement Kidal du giron national. Dès lors , quelle est l’utilité de ces sanctions qui apparaissent comme de simples vues de l’esprit ? Et un internaute de dénoncer cette poudre aux yeux de l’opinion publique malienne. « Le Conseil de sécurité des Nations Unies a parlé pour ne rien dire. Ajouter des noms sur sa fameuse liste noire, ne servira à rien. Iyad Ag Ghali est sur la liste, il vit à Kidal sur le même territoire géographique que les forces internationales (MINUSMA et BARKHANE). Elles savent où il se trouve, comment il se déplace et qui coopèrent avec lui. Ou bien la fameuse liste noire concerne les voyages par avions seulement ? Puisque Iyad Ag Ghali se rend fréquemment en Algérie sous la barbe de ces forces internationales qui ont interdit l’accès de Kidal aux forces maliennes. Le Mali aspire à vivre en paix et à la pacification du pays », a-t-il écrit. S’y ajoute que les gisements d’or, de pétrole et de gaz dont regorge le massif de l’Adrar des Ifoghas attirent certains de nos « partenaires », qui peinent à jouer franc-jeu. La France et ses alliés, faut-il le rappeler, n’ont d’ailleurs jamais eu d’amis, mais seulement des intérêts…

Comme quoi, la France et les USA jouent à la diversion dans le dossier de la crise malienne, dont ils tirent le plus grand profit avec leurs complices et valets locaux ? Et cela, Paris et Washington doivent se le prendre pour dit !

Boubou SIDIBE

Share

Sur le même sujet

Leave a Comment