France: le compte à rebours est lancé pour le référendum ADP

La collecte de soutiens à un référendum d’initiative partagée sur l’avenir d’Aéroports de Paris a débuté ce jeudi 13 juin. La proposition de loi contre la privatisation du groupe doit être soutenue par plus de 4,7 millions d’électeurs. Les partisans du texte ont neuf mois pour y parvenir.

Les électeurs français ont deux moyens de s’exprimer. « Soit par dépôt sur un site qui répond à l’adresse www.referendum.interieur.gouv.fr, explique Alain Espinasse, le secrétaire général adjoint du ministère de l’Intérieur, soit par écrit auprès des communes les plus peuplées de chaque canton. Ce qui fait un maillage d’à peu près 2 000 communes sur le territoire national. »

Pour participer, il faut disposer du droit de vote en France et être inscrit sur les listes électorales. Le ministère de l’Intérieur vérifie ensuite que l’électeur n’a pas déjà donné son soutien. « Lorsque le soutien est réputé valide au nom de la transparence, poursuit Alain Espinasse, le nom de l’électeur apparaît et on le trouve sur le site par index nominatif. »

Avec une procédure dématérialisée en ligne, y a-t-il a un risque de fraude ? Jean Maïa, le secrétaire général du Conseil constitutionnel, se montre serein. « Des précautions sont prises pour sécuriser les opérations. Les tentatives de fraudes seraient évidemment susceptibles de répression pénale. »

Des bugs signalés sur le site

Le site internet a connu des bugs ce jeudi matin, corrigés rapidement selon le ministère de l’Intérieur. Alain Espinasse a reconnu auprès de l’AFP un « problème de paramétrage » sur l’un des serveurs d’hébergement. « Nous avons des indications d’une activité intense », a souligné quant à lui Jean Maïa, cité par la même source.

En tout début de journée, le député LFI Alexis Corbière racontait sur Twitter avoir dû s’y reprendre à trois fois pour se connecter et signer. « Déni de démocratie », a fustigé dans un tweet le député LR François Cornut-Gentille. « Vous vous moquez vraiment de nous, Christophe Castaner ! », a lancé de son côté Fabien Roussel (PCF) à l’adresse du ministre de l’Intérieur, chargé de l’organisation de la consultation.

Dans l’après-midi, l’Insoumis François Ruffin a profité d’une intervention dans l’hémicycle de l’Assemblée sur un amendement au projet de loi mobilités pour signaler avoir reçu « 253 messages » de personnes ne parvenant pas à signer. Soit c’est de « l’incompétence », soit « de la mauvaise volonté », ce qui va « énerver encore davantage les gens », a-t-il lancé, alors que des élus de la majorité protestaient.

Vidéo intégrée

François Ruffin

@Francois_Ruffin

Depuis ce matin on a reçu 253 messages: « Error 404 », « Page Not Found », « Code Insee et non postal », « communes absentes », « Forbidden », « You don’t have permission to access », « impossibilité de valider ». Sur le site du gouvernement, tout foire…

1 717 personnes parlent à ce sujet

La procédure prendra fin en mars 2020. Le Conseil constitutionnel français aura ensuite un mois pour déterminer si le seuil des 4,7 millions de signatures a été atteint.

Share

Sur le même sujet

Leave a Comment