CANICULE: Bamako étouffe et frôle les 50°

La ville de Bamako est-elle en train de subir de plein fouet les premières conséquences du changement climatique ? La question a toute son importance si on e fie à la canicule qui sévit dans le pays depuis plus de trois mois. Les températures atteignent les 48° Celsius et frôlent les 50° par moment. Reportage……

Vivre à Bamako est devenu un calvaire pour ses habitants. Ces derniers ne savent plus à quel saint se vouer pour vivre dans la fraicheur. La canicule qui s’abat sur la capitale malienne est proche de la porte de l’enfer. Parfois, les températures grimpent jusqu’à 48° Celsius. Tellement le soleil tape fort qu’il est impossible de sortir la tête à Bamako aux environs de 11 heures. A cette heure, le soleil est déjà à son rayonnement maximum. Difficile également de rester dans des bâtiments sans climatiseurs.

Les murs ont des pores où la chaleur s’échappe des quatre côtés. Les ventilateurs qui tournent en longueur de journée ne refroidissent pas les chambres ni les bureaux. Personne n’est en mesure d’expliquer cette canicule qui inquiète les bamakois. Selon Mamadou Keita, la chaleur de cette année est pire que celle des deux dernières années.

A l’en croire, chaque année depuis trois ans, le niveau de la chaleur augmente à Bamako. Mais, le plus étonnant selon lui, ce que la chaleur n’a jamais atteint ce niveau sans qu’il n’y ait la pluie qui l’accompagne. Ce qui n’est pas le cas pour cette d’après notre interlocuteur. « Au Mali, tout le monde pense que c’est la conséquence du changement climatique. Mais aussi, ils ont coupé beaucoup d’arbre à Bamako. Sans compter le fait que les gens construisent en dur », a-t-il déploré.

Poursuivant, il renseigne qu’avant à Bamako, il y’avait partout des arbres devant les maisons et dans les espaces publics. De nos jours, explique-t-il, les arbres sont inexistants à Bamako qui manque cruellement d’eau.  « Beaucoup d’arbre sont morts par manque d’eau pour les arroser. Il y a beaucoup de quartier à Bamako qui n’ont plus d’eau à suffisance. Ceux qui habitent à la périphérie de la capitale sont obligés de faire des kilomètres pour disposer de l’eau. Ce qui est grave pour le pays. Ce sont des signes qui ne mentent pas », a-t-il insisté.

Emboitant le pas à M. Keita, Kassim Diarra estime que cette situation n’est que le début de ce qui s’annonce comme une apocalypse. Il est convaincu que ce que les vivent les habitants de Bamako est la conséquence du changement climatique. Tout en regrettant que les gens n’ont pas pris en compte les mises en garde des scientifiques et des spécialistes de l’environnement.

« Les gens pensent que le changement climatique n’est pas une réalité. Mais, ils se trompent. Ils avaient dit que l’Afrique ressentira plus les conséquences de ce changement. C’est le cas aujourd’hui. Et, Bamako est en train de subir de plein fouet les conséquences de ce qui a été annoncé depuis plusieurs années », dixit M. Diarra. Comme disent certains, le malheur ne vient jamais seul. En plus de cette chaleur insupportable, les habitants de Bamako font face à des coupures intempestives durant la journée et la nuit.

Ce, en rotation entre les différents quartiers de la capitale. Si certains quartiers ont l’électricité pendant quatre heures dans la journée, ils seront privés du jus pendant la nuit. Ce système de fonctionnement de la société en charge de la fourniture d’électricité dure depuis plusieurs mois. Travaillant dans une société privée, Fatoumata Togola confie qu’elle est malade à cause de la chaleur qu’elle ressente sur sa peau.

 « Je me sens pas bien à cause de la chaleur.  Il fait excessivement chaud. Quand je rentre dans le bureau, j’attends jusqu’à 19 heures pour partir chez moi », avoue-t-elle. Par ailleurs, les nombreuses voitures de Bamako contribuent également à l’augmentation de la chaleur.

Contrairement au Sénégal, au Mali il n’y a pas de limitation d’âge sur les véhicules importés. Ainsi, dans la capitale malienne, deux personnes sur trois à sa propre voiture pour circuler. Qui connait le niveau de pollution des véhicules importés sait que cette situation n’arrange pas les populations qui subissent cette canicule.

Les vendeurs d’eau se frottent les mains

Chaque situation de ce genre fait des heureux dans un pays pauvre comme le Mali. Et, dans cette histoire de canicule à Bamako, ce sont les vendeurs de sachet d’eau qui se frottent les mains. D’ailleurs, ils sont devenus plus nombreux que n’importe quel autre type de vendeur dans la ville. Ayant compris que les populations ont fortement besoin d’eau fraiche, les vendeurs cèdent le sachet entre 25 francs Cfa et 50 francs Cfa.

Ils réalisent des chiffres d’affaires énormes qui varient entre 5 000 francs Cfa et 10 000 francs Cfa par jour. Parce que, le paquet de 30 saches est cédé par les grossistes à 300 francs Cfa, soit bénéfice de 450 francs Cfa par paquet. Ainsi, en vendant 10 paquets, le revendeur se retrouve avec un montant journalier de 4 500 francs Cfa. Ce que confirme, Amourou Sissoko, jeune vendeur de son état. Il travaille pour une dame qui vend également de la glace dans le quartier.

Car, selon lui, actuellement c’est l’eau fraiche et la glace qui se vendent mieux à Bamako. « Je suis là partir de 10 heures. Parce que, le soleil commence à taper fort à partir de 10 heures 30. C’est en ce moment que les clients commencent à acheter. Je passe toute la journée à vendre de l’eau sur ce rond-point. Dieu merci, on arrive à vendre assez pour faire énormément de bénéfice », explique le jeune vendeur.

Les vendeurs prennent d’assaut les grandes artères de la ville. Surtout, au niveau des grands ronds-points de la ville de Bamako. En attendant, le retour de la pluie dans un mois, les habitants de Bamako vivent un véritable calvaire climatique.

Adama COULIBALY

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