RAMADAN AU MALI : Un début  à deux vitesses

 A l’image de certains pays de la sous-région comme le Sénégal, le Mali a démarré le mois béni de ramadan dans la division. Certains l’ont commencé le dimanche et d’autres le lundi. Les contestations fusent de partout dans le pays. 

Comme à l’accoutumé, les musulmans maliens ne sont jamais sur la même longueur d’onde quand il s’agit de commencer le mois de ramadan. Il y a toujours une divergence entre les différentes confréries ou guides religieux du pays. Certains ont débuté le mois de jeun le dimanche dernier, tandis que d’autres l’ont débuté ce lundi. Une situation qui agace plus d’un parmi les musulmans.

Pour Daouda Niambélé, il est impossible de voir la lune l’heure à laquelle, ils ont annoncé que le ramadan démarre dimanche. Car, explique-t-il, c’est aux environs de 4 heures du matin qu’ils ont fait le tour des quartiers pour annoncer le démarrage. Ce qui, dit-il, inacceptable dans un pays à 90% musulman. « Les chrétiens démarrent toutes leurs obligations sans tambours ni trompettes. La divergence, c’est uniquement chez les musulmans. Parce que, les gens n’ont pas suffisamment de foi pour s’entendre sur l’essentiel », clame-t-il avec force. Abondant dans le même sens, Fadiala Sissoko soutient que les musulmans du Mali ne s’aiment pas et ne s’entendent sur rien. A l’en croire, le ramadan est un mois béni qui ne mérite pas ces divergences inutiles.

« Il faut que les musulmans se posent des questions essentielles. Dieu n’a jamais fait la différence entre les êtres humains. Il a toujours soutenu dans le Saint Coran  que vous êtes des frères et sœurs. Il n’a jamais accepté la division dans l’islam. Mais, nous assistons à la naissance des groupes de musulmans qui n’ont rien à avoir avec la religion musulmane », tranche-t-il.

En effet, le Mali compte depuis quelques années des groupes religieux plus ou moins fanatiques. Ils sont d’ailleurs, en plein prolifération dans le pays. « Ces gens ne sont pas des musulmans. Ils sèment le désordre dans la religion de Dieu. C’est eux qui radicalisent les jeunes en leur faisant à croire à des choses qui n’existent pas. C’est un véritable problème. Car, c’est un phénomène nouveau au Mali mais qui n’est ni contrôler ni maitriser. Il y a trop de dérapage. Et, les autorités doivent veiller sur les agissements de ces groupes qui sont très dangereux », prévient pour sa part, Djeneba Sidibé.

Pour elle, le Mali est désormais dans une situation très chaotique à cause de la guerre de positionnement entre des guides religieux. En clair, précise-t-elle, chacun des guides religieux veut être au-dessus des autres.  « Chacun veut montrer qu’il est le plus fort et qu’il a plus de disciples que les autres. Et, quand il y a la division dans la religion musulmane, c’est problématique », relève notre interlocutrice.

Qui signale que le ramadan comme la fête de Tabaski n’ont jamais été célébré dans l’unité au Mali. Par ailleurs, le ramadan de cette année démarre dans une période de canicule intense. Les premiers qui ont jeûné le dimanche et ce lundi, ont été sous les affres du soleil.

Au Mali, le jeûn est rompu aux environs de 19 heures 30 minutes sur l’étendue du territoire de Bamako. Les heures de travail ont été revues à la baisse. Certaines sociétés ferment les portes à partir de 13 heures.

Adama COULIBALY

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