Quand la direction d’une entreprise se féminise, ses profits augmentent

Plus une entreprise emploie des femmes à des postes d’encadrement, meilleurs sont ses résultats financiers. C’est la conclusion d’une grande enquête effectuée dans le monde entier par l’Organisation internationale du travail.

C’est la deuxième fois que l’Organisation internationale du travail se penche sur les femmes de pouvoir dans l’entreprise et sa conclusion est encore plus nette et précise que la précédente édition de 2015 : 75% des entreprises qui ont fait des efforts pour promouvoir la mixité aux postes à responsabilité ont vu leur bénéfice augmenter de 5 à 10%. L’OIT a sondé 13 000 entreprises installées dans 70 pays. Les effets bénéfiques sur le résultat des sociétés sont sensibles à partir du moment où 30% des postes de cadres supérieures sont occupés par des femmes. Embaucher des femmes ça paie. Cette étude confirme un message martelé depuis plusieurs années par les organisations internationales comme l’influent forum de Davos ou par des sociétés de conseil aux entreprises.

Les chefs d’entreprise ont-ils entendu ce message ?

Pas tant que cela. Plus les femmes participent au marché du travail plus leur présence aux postes d’encadrement augmente. Mais l’évolution des carrières féminines demeure décevante. Près de 60% des entreprises n’atteignent pas 30% de femmes à des postes d’encadrement. Et 21% seulement des entreprises sondées par l’OIT sont dirigées par des femmes. Et plus l’entreprise est grande moins il y a de femmes au sommet. Dans les grands groupes elles sont très présentes dans les fonctions d’appui, comme la direction des ressources humaines (DRH) et beaucoup plus rares dans les activités stratégiques comme le contrôle de gestion ou la recherche et développement.

Si la présence des femmes dope les résultats pourquoi la mixité évolue aussi lentement ?

Les résistances sont souvent culturelles. Comme dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient où les femmes participent peu au marché du travail – c’est le cas en Arabie Saoudite, en Irak ou en Algérie – rien d’étonnant à ce qu’on ne les retrouve pas dans des fonctions de direction. Les résistances culturelles sont aussi transnationales dans certains secteurs, comme le bâtiment, l’énergie ou le numérique, où la présence des femmes est encore réduite à la portion congrue. En partie parce que les jeunes filles se désintéressent de ces filières où les préjugés sur leurs moindres performances sont encore largement répandus.

Quelle est la situation en France ?

La France est la championne européenne de la mixité au travail, l’histoire, le cadre législatif y sont favorables, mais cela ne se traduit pas forcément par des progrès fulgurants dans les postes à responsabilité. Seulement une entreprise sur quatre du CAC 40 s’est fixé un objectif en la matière, mais il n’est jamais soumis au vote de l’assemblée générale des actionnaires ! Les grandes entreprises, qu’elles soient françaises ou de toute autre nationalité sont désormais soumises à la pression des investisseurs. Larry Fink, patron de Black Rock, le plus puissant fond américain, l’a redit dans son message annuel : il n’y a pas de performance sur le long terme sans diversité dans l’entreprise. Une injonction suffira-t-elle à modifier l’inconscient masculin ? D’après un sondage récemment effectué aux États-Unis sur dix hommes cadres, six préfèrent éviter les interactions avec leurs collègues femmes avec lesquels ils se sentent mal à l’aise.

EN BREF

Le japonais Panasonic suspend ses livraisons à Huawei et à ses 68 sociétés affiliées. La décision est officielle depuis quelques heures. Le géant de l’électronique rejoint la liste des entreprises nippones qui ont annoncé dès hier la rupture de leurs relations avec l’équipementier chinois. Par ailleurs, l’administration américaine fait maintenant pression sur les entreprises sud-coréennes pour qu’elles suivent le mouvement.

Guerre commerciale toujours avec cette nouvelle plainte contre Huawei aux États-Unis pour vol de secrets industriels. La start-up californienne CNEX spécialisée dans les semi-conducteurs accuse l’équipementier chinois d’avoir recruté un professeur d’université pour lui voler des informations sur ses technologies et ses bases de données. Une première audience est prévue début juin.

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