Pesticides: jour de mobilisation pour les opposants aux géants de l’agrochimie

Pour la 7e année consécutive, des citoyens se rassemblent à Paris et dans des dizaines de villes du monde entier, ce samedi 18 mai 2019, pour des marches et des actions non violentes contre Monsanto, Bayer et les multinationales de l’agrochimie. Ils manifestent contre le système d’agriculture industrielle intensive qui s’appuie sur des pesticides chimiques, responsables en particulier de la disparition de la biodiversité et de maladies graves chez les agriculteurs.

À l’heure où Monsanto, racheté par le groupe allemand Bayer, est jugé responsable des cancers de plusieurs agriculteurs qui ont utilisé massivement le Roundup, pesticide phare de l’entreprise à base de glyphosate, la marche mondiale contre Monsanto-Bayer a, cette année, trois revendications. D’abord, la renégociation actuelle de la PAC, la politique agricole commune. « Pour la période 2021 à 2027, explique Tom Baquerre, coordinateur de la marche pour la France, nous, ce qu’on demande, c’est que la France soutienne une remise à plat complète de la PAC et que l’argent soit reversé à des agriculteurs qui font une agriculture écologique et plus une agriculture agro-industrielle, comme on le voit actuellement. » La deuxième revendication des participants, poursuit Tom Baquerre, c’est « une interdiction la plus rapide possible du glyphosate en France », c’est-à-dire « d’ici 2020 grand maximum ». Ainsi qu’un plan de sortie des pesticides de synthèse en général la plus rapide possible. Enfin, « la troisième revendication, conclut le coordinateur, c’est sur le lobbying, d’encadrer très strictement le lobbying, puisqu’on voit que les pratiques de Monsanto sont de plus en plus scandaleuses. Le fichage, etc., toutes ces pratiques sont scandaleuses ! »
Cette année, SOS racisme a également décidé de marcher contre Monsanto et Bayer. Paula Cornette explique pourquoi : « C’est tout simplement parce que le lien entre environnement et antiracisme est évident. Parce que ce sont principalement les pays du Sud qui en subissent les conséquences. Donc sur les questions de discrimination environnementale en fait qu’on s’axe… » Aujourd’hui, la lutte contre l’agriculture industrielle pourrait donc devenir un thème fédérateur des luttes sociales. Tran To Nga, Vietnamienne de 74 ans manifeste contre l’agent orange, arme de guerre Au Vietnam, l’agent orange, défoliant à base d’un produit extrêmement toxique, la dioxine, était utilisé par l’armée américaine pour détruire les cultures de l’ennemi. Tran To Nga, 74 ans, une Vietnamienne contaminée pendant la guerre, veut faire reconnaître la responsabilité des États-Unis. Elle manifeste ce samedi contre ces multinationales qui ont ruiné sa santé et celle de ses enfants.
Je mène un combat contre 26 firmes américaines qui ont produit l’agent orange pendant la guerre au Vietnam. Monsanto en premier
Tran To Nga, victime de l’agent orange

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