OTERIE, JEU DE HASARD: Le  refuse de la jeunesse malienne

La corruption et la crise au Mali ont des conséquences graves sur sa jeunesse. Ne savant plus à quel saint se vouer pour trouver un emploi décent, ils se réfugient dans les salles PLR de la loterie nationale. Reportage ….

Depuis quelques années, les jeunes maliens sont devenus accros à la loterie et au jeu de hasard de Pmu-Mali. Ils ont ainsi pris, la place des vieux qui n’avaient rien à faire de leur vie et qui passaient plus de temps dans les salles pour parieurs que dans leur maison.  Pour certains observateurs, cette ruée des jeunes dans les salles PLR de la loterie malienne s’explique par le chômage dans le pays. En effet, les jeunes maliens ont désormais tous les problèmes du monde pour trouver un emploi. Car, le recrutement dans la fonction publique malienne est un véritable parcours du combattant. Pour intégrer l’administration malienne, il faut connaitre un bras long où débourser de l’argent pour espérer retrouver son nom sur la liste des nouveaux fonctionnaires. Au Mali, les organisations non gouvernementales sont les seules à faire des offres d’emplois. Seulement, depuis l’éclatement de la crise dans le nord du pays, ces dernières ont concentré toutes leurs activités dans cette partie du pays. A cause de l’insécurité, les jeunes n’ont pas le courage de postuler à ses offres du fait des attentats et des tueries. Du coup, trouver un emploi relève du hasard au Mali. En jouant, les jeunes peuvent se faire entre 2 000, 4 000 et même 50 000 francs Cfa en une journée. Ce qui n’est pas rien pour de nombreux joueurs qui arrivent à joindre les deux bouts avec ces petits montants.  Diplômé en science économique, Moussa Keita fait partie des victimes du système imposé par la corruption qui règne dans le pays depuis l’avènement de la démocratie. Cela fait cinq ans qu’il court derrière un emploi sans succès. Last de faire le tour des services et des annonces, il préfère tenter sa chance ailleurs. Et, il n’a trouvé mieux que le pari. Il passe toutes ses journées à miser sur des matchs des championnats européens en direct pour se faire un peu d’argent. Au début, il était prudent. Le jeune homme prenait le temps de la réflexion avant de miser sur une équipe. « Je n’avais pas l’habitude de jouer au jeu de hasard. Mais, à cause des difficultés économiques que je vivais, j’ai décidé un jour de tenter ma chance. Ce premier coup d’essai a été comme une révélation pour moi. J’ai eu chance de gagner 50 000 francs Cfa en une journée et débourser autant. Depuis lors, je suis devenu accro. En plus, c’est de l’argent facile », clame le jeune homme qui ne regrette rien du tout. Pour lui, explique-t-il, la corruption au Mali a détruit toutes les chances des jeunes compétents d’avoir un emploi décent. A la question de savoir qui est responsable d’une telle situation, M. Keita pointe du doigt les autorités étatiques du pays. Depuis les indépendances, insiste-t-il, ces dernières ont encouragé la corruption qui est devenue un cancer pour l’économie du pays. « Dans ce pays, tout le monde est acteur dans la corruption. Les gens savent combien il faut débourser pour devenir douanier, policiers ou soldat dans l’armée. Ceux qui n’ont pas d’argent s’abstiennent de postuler. Parce que, tout est question d’argent. Il faut avoir de l’argent pour trouver un emploi dans l’administration », révèle-t-il. Tout en dénonçant la complicité de la population malienne. Car, renseigne-t-il, tout le monde a accepté de jouer le jeu de la corruption. Ainsi, il assure que l’envahissement des salles de la loterie nationale est la conséquence de la corruption dans le pays. Interpellé sur la question, Aminata Traoré avoue être surprise par la nouvelle tendance. A son avis, le pari était l’apanage des vieux. Cependant, elle dit comprendre ce changement brusque. « Les jeunes n’ont pas le choix. C’est venir jouer pour attendre la pauvreté de l’autre côté. Si le gouvernement ne fait rien pour trouver des solutions au chômage, c’est normal que les jeunes se débrouillent comme ils peuvent. Le boom du chômage est une question de volonté politique », peste-t-elle. Par ailleurs, les dirigeants de Pmu-Mali ayant compris, ont multiplié les salles de pari en direct peu partout dans la capitale malienne, Bamako et à l’intérieur du pays. A chaque coin de rue de la capitale malienne se trouve une salle dédiée aux parieurs et tenue par un particulier ayant payé la caution qui s’élève à près de 200 000 francs Cfa.

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