RD Congo : il faut sauver Félix Tshisekedi

Dans tous les pays du monde, quand un Chef de l’Etat est nouvellement élu, on guette les 100 premiers jours de son magistère. Le 25 Avril 2019, le président de la République Démocratique du Congo va boucler trois longs mois sans l’espoir de pouvoir former son gouvernement. Le 5 Mai, Félix Tshisekedi risque de franchir ce cap fatidique, toujours obligé de faire avec les ministres et les Hommes de Joseph Kabila.
En acceptant de s’allier avec son prédécesseur, le fils d’Etienne a fait preuve d’amateurisme politique. De quel poids pense-t-il peser, lui qui ne contrôle ni l’assemblée nationale, ni le sénat encore moins les gouverneurs.
Son malheur, Tshisekedi le tient de sa trahison de la dynamique de l’opposition qui s’était entendue sur la candidature unique de Martin Fayulu, qui tout le monde le sait, a remporté l’élection présidentielle avec plus de 60% des voix. A supposer même qu’on prenne en compte les résultats publiés par le très tortueux président de la CENI Corneille Nanga, les voix cumulées de l’opposition avec près de 74 %, larguent loin derrière le poulain de Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary qui est d’ailleurs aux abonnés absents depuis lors.
La volonté de la majorité des congolais, était de faire table rase du régime de Joseph Kabila, c’est peine perdue par la faute de Félix Tshisekedi qui à vouloir coûte que coûte être président, se retrouve Chef de l’Etat coquille vide. S’il arrive à former un gouvernement, 80% des postes reviendront aux Hommes de Kabila. Quelle humiliation!
L’accord autour de la candidature de Fayulu, était un moindre mal pour lui car une fois élu, ce candidat consensuel devait organiser dans les deux voire trois ans de nouvelles élections inclusives auxquelles allaient participer Jean Pierre Bemba et Moise Katumbi. A moins que Tshisekedi n’ait peur de perdre face à ces deux poids lourds, c’est à se demander quelle mouche l’a piqué pour qu’il s’allie avec le diable Kabila.
Les signaux qui nous parviennent de la RD Congo, ne sont guère rassurants. On assiste à une guerre des tranchées. D’un côté, les pro Tshisekedi surtout les jeunes, sont exaspérés par l’imbroglio politique qui n’a que trop durer et lui demandent de rompre les amarres. Ils sont suivis en cela par certains membres de la société civile comme FILIMBI. De l’autre, les pro Kabila menacent ouvertement le président qu’ils savent cerné de toutes parts, à ne pas trop s’affranchir de leur tutelle. La RD Congo est partie pour retomber dans ses travers faits de lendemains incertains par la faute d’un Tshisekedi pressé d’accéder au pouvoir peu importe la façon et d’un Kabila qui entend rester en embuscade de la présidence de la république et qui serait ravi de revenir aux commandes.
Triste alternance!

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