Mali : Pourquoi IBK doit renoncer à son projet révision constitutionnelle ?

La majorité des acteurs politiques rejettent le projet de révision constitutionnelle. Ils estiment que ce n’est pas la priorité du moment. 

Le projet de révision constitutionnelle ne passe pas auprès des partis politiques de l’opposition. Ils l’ont tenu à le faire savoir. Invités officiellement le jeudi 11 avril au palais de Koulouba pour recevoir une copie du document des mains du président de la République, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) et la Coalition des Forces Patriotiques (COFOP) ont tout simplement décidé de boycotter la rencontre. Ils estiment que le président de la République se trompe de priorité et demandent l’ouverture d’un dialogue inclusif avant d’entamer toute réforme constitutionnelle et institutionnelle.

Le Mali connait aujourd’hui  une crise multidimensionnelle qui menace même les fondements de la Nation. Le front social est en ébullition avec la multiplication des grèves. L’insécurité sévit au centre avec son cortège de morts et de déplacés (plus de quatre-vingt-sept milles selon les ONG). Kidal s’éloigne plus que jamais du giron du Mali, en témoigne la célébration dite de l’indépendance de « l’Etat chimérique d’Azawad ». A cela s’ajoute la fronde contre le Premier ministre dont le départ est réclamé par plusieurs acteurs de la vie publique.

Dans ce cocktail explosif,  il sera très difficile de procéder à toute révision de la Constitution. Le gouvernement doit au préalable travailler à ramener la paix et la quiétude dans le pays afin que les tous les fils du pays puissent participer au référendum. Enfin la révision de la Constitution nécessite un minimum de consensus politique. Ce qui est loin d’être un acquis. Le dépôt d’une motion de censure est assez éloquent.

Il appartient au Chef de l’Etat de renoncer à son projet de révision de la Constitution afin de faire face à l’urgence. Car il faut être dans un pays  pour pouvoir parler de la Construction. Or c’est bien l’existence du Mali qui est aujourd’hui menacée.

Abdrahamane Sissko

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