Soudan: le nouveau chef militaire annonce la levée du couvre-feu

Au Soudan, le nouveau chef du Conseil militaire, le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan et nouvel homme fort du pays a pris une série d’engagements quelques heures après sa nomination, comme la levée du couvre-feu et la libération de tous les manifestants arrêtés ces dernières semaines.

Cela fait tout juste vingt-quatre heures qu’il a été nommé et il vient tout juste de s’exprimer, ce samedi 13 avril. Le nouvel homme fort de Khartoum, le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan annonce la levée du couvre-feu. Il promet d’« éliminer les racines » de l’ancien régime.

Lors d’un discours à la nation retransmis en direct à la télévision d’État, il a ordonné la libération des manifestants emprisonnés et promis de faire juger ceux qui ont tué les manifestants. Il a assuré aussi que la période de transition ne dépassera pas deux ans et annoncé qu’un gouvernement civil serait formé après des consultations.

Cette annonce intervient trois jours après l’arrestation de l’ancien président Omar el-Béchir et la démission de deux poids lourds du régime, le ministre de la Défense qui avait succédé à Omar el-Béchir et surtout Salah Gosh, le patron du puissant service de renseignement soudanais.

Tous deux, des durs du régime el-Béchir, ont été écartés sous la pression de la rue et de l’opposition. Les manifestants campent toujours devant le siège de l’armée depuis samedi dernier, et ont juré de rester mobilisés jusqu’à ce qu’ils obtiennent un gouvernement civil.

Le nouveau chef du Conseil militaire sera donc chargé de cette transition et a d’ailleurs déjà commencé des consultations avec l’opposition politique.

« Nous sommes en train de discuter avec les militaires, a déclaré Salah Jalal, porte-parole d’une coalition de partis politiques d’opposition. Pour nous ce gouvernement doit être composé de civils, avec un conseil présidentiel qui inclurait des civils et quelques militaires (…) des militaires pour des raisons de sécurité. Mais ils ne doivent pas diriger seuls. Selon nous, ils ne doivent pas être la majorité, ils doivent être 2 ou 3 pas plus. Nous pensons que c’est raisonnable et juste. Nous sommes en train de négocier. Et je ne sais pas ce qu’il va se passer. Mais nous allons faire pression autant que nous pouvons. Pour l’instant ils sont assez conciliants et prêts à nous écouter. »

C’est un grand symbole… La chute de Gosh, c’est aussi le perte de pouvoir de ses services de sécurité…

La démission de Salah Gosh, tout un symbole pour le chercheur Clément Deshayes

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