Commerce: Macron s’oppose à des négociations entre l’UE et les États-Unis

Le président français Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi 11 avril avoir décidé de s’opposer à l’ouverture de négociations commerciales entre les États-Unis et l’UE. Cette prise de position ne doit rien au hasard en pleine campagne pour les élections européennes.

Lundi 15 avril à Bruxelles, la France sera probablement la seule à voter contre l’ouverture de négociations commerciales entre l’Union européenne et les États-Unis. Tous les autres États membres en ont approuvé le principe ce jeudi à Bucarest, en Roumanie. Et la France ne dispose pas d’un droit de veto. Mais c’est une question de principe et de valeur, fait valoir la présidence : pas question de négocier un quelconque accord commercial avec un pays non signataire de l’Accord de Paris sur le climat.

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Nous défendons une Europe exemplaire pour le climat. La France s’oppose au lancement d’une négociation commerciale avec les États-Unis qui se placent en dehors de l’Accord de Paris.

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L’écologie est de nouveau brandie par Emmanuel Macron pour se différencier du président américain. « L’Europe doit avancer de façon vertueuse et ne peut plus se permettre des accords d’un autre temps », plaide un député de la majorité.

Mais en pleine campagne pour les élections européennes, la décision est aussi très politique. La candidate de La République en marche, Nathalie Loiseau, et son numéro 2, l’écologiste Pascal Canfin, ont fait du climat l’un de axes majeurs de leur campagne. Ils espèrent ainsi grappiller des voix à gauche.

Malgré l’opposition de la France, les négociations entre l’Europe et les États-Unis devraient donc bien s’ouvrir. En s’y opposant, c’est surtout un message politique qu’envoie Emmanuel Macron. « Il est dans la posture », grince un eurodéputé socialiste. « Donald Trump est le parfait alibi à Emmanuel Macron pour passer pour écologiste », glisse de son côté un vert français.

Des relations commerciales très ténues entre les deux puissances économiques

Depuis le gel, il y a trois ans, du Partenariat transatlantique en matière de commerce et d’investissement (TTIP), vaste projet contesté par nombre de partis politiques et d’associations en Europe, la reprise de négociations entre l’Union européenne et Washington tardait à se matérialiser, en dépit de menaces explicites de la part de Donald Trump, focalisé sur le déficit commercial de plus de 150 milliards par an de son pays avec les Vingt-Huit.

À une échelle bien plus modeste, ces derniers donneront officiellement mandat, lundi à la Commission européenne pour négocier en leur nom une première convention sur les biens manufacturés (en dehors des automobiles), ainsi qu’un autre texte sur la conformité des produits échangés avec les normes en vigueur des deux côtés de l’Atlantique.

Un obstacle de taille existe cependant : c’est la volonté des Européens d’exclure de ces pourparlers l’agriculture, la pêche et les services.

Inquiète du devenir de ses exportations de voitures vers les États-Unis, menacées de surtaxes, l’Allemagne réclamait une ouverture rapide de ces négociations ; bien plus circonspecte, la France aura obtenu de ses partenaires que le TTIP soit déclaré caduc, et que la dimension environnementale soit prise en compte, en dépit du retrait américain des Accords de Paris sur le climat.

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