Déforestation au Mali : Que de troncs de Guenimaliens (bois de vêne) abattus et exporté en Chine !

N’a-t-on pas l’habitude de dire que le couvert végétal du Mali est plus important que celui d’Afrique du sud et du Kenya, mais qu’il y a plus d’animaux dans leurs brousses respectives qu’au Mali ? Cela est tout simplement dû au fait que les lois votées ne sont pas transgressées dans ces pays où toutes les espèces sont protégées à savoir les animaux, et la végétation.

Le cas malien est très désespérant car il y a violation tous les jours des lois qui protègent notre couvert végétal et toute la faune qui s’y trouve. Nous venons de faire une découverte en plein centre de Bamako dans la zone industrielle où des milliers de troncs de Guéni ou guénou (appelé aussi bois de vêne), sont éparpillés au sol comme des allumettes. Dans cette cour, en une seule journée sont exportés vers la chine autant de bois qui permettraient à tous les artisans du Mali de travailler pendant une année.

Des camions remorques amènent de la brousse, les troncs équarris à la tronçonneuse, qui ensuite sont chargés ici dans des conteneurs. Chaque conteneur  contient environ 60 pieds de Guéni. L’opération se répète chaque jour, ce qui fait environ 200 000 à 300 000 arbres par an qui transitent par cette entreprise malienne.

Pour ceux qui ne connaissent pas le Guéni, c’est tout simplement le bois le plus précieux du Mali. Il est indispensable à la confection des balafons, des meubles, des masques et même des djembés. Ceci n’est pas un commerce ordinaire, car à cette cadence, dans 1, deux ou 3 ans maximum il n’y aura plus de bois de Guéni au Mali. Et il faut pratiquement 100 ans pour qu’un arbre atteigne cette taille. C’est un pillage total et définitif qui s’opère sous nos yeux.

Le Mali est un pays sahélien et non forestier. Pour cette raison, personne jusqu’à présent, n’avaient jamais encore osé exporter ses bois. La Chine, elle, ose !

La Ministre de l’environnement et celle en charge de l’artisanat malien sont interpellées sur cette pratique. Il ne s’agit plus de donner des autorisations sans contrôle. Les populations de Kita avaient dénoncé cette pratique il y a environ trois ans de cela. Elles avaient le  souci de voir couper tous les Gueni de leurs brousses respectives dont certains ont plus de 100 ans. Pour ce faire, après enquête, il s’est trouvé que c’était des chinois munis de permis d’abattage de cette espèce d’arbre.

L’initiative selon certaines sources était d’un grand opérateur malien qui est en même temps un grand patron du Patronat malien, propriétaire  d’une radio bien écoutée au Mali. Ce dernier, selon les mêmes sources était en association avec les chinois dans cette œuvre destructrice de la nature.

Dans 2 à 3 ans, il n’y aura plus de Guéni pour les artisans maliens. Nous pensons qu’il est encore temps d’arrêter ce massacre de notre forêt. Et pourtant, cette autre pratique destructrice de la nature est-elle dû à la même personne qui selon certains dits a soutenu la candidature d’IBK pour un second mandat. Peut-être à cause de cela, que carte blanche lui a été donnée pour récompenser  son soutien ?

Siramakan KEITA

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