Deux lycées français testent la reconnaissance faciale

Deux lycées de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont tester la reconnaissance faciale. Une première en France. Objectif affiché : empêcher des intrus de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement.

Ce n’est pour le moment qu’une expérimentation, mais elle pourrait s’étendre à d’autres établissements. Développés par l’entreprise américaine Cisco, des portiques à reconnaissance faciale seront installés d’ici quelques semaines dans deux lycées de Nice et de Marseille.

Le dispositif fonctionne avec un profil numérique dans lequel apparaissent la photographie et le nom de chaque élève. Ces informations sont ensuite intégrées à un badge ou à un code-barres lisible à partir d’un téléphone portable.

Quand un étudiant se présentera à l’entrée de son lycée, il devra présenter son badge à un portique et regarder en même temps une caméra. Celle-ci va comparer le visage de la personne à la photographie du profil du numérique. Si cela correspond, l’élève apparaît en vert sur le moniteur d’un surveillant : il est autorisé à entrer. En revanche, si un carré rouge se dessine autour d’une silhouette, une alerte est envoyée : un intrus tente de pénétrer dans l’établissement.

Pour respecter la vie privée des élèves, la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), le gendarme des données personnelles, a participé au développement du projet et suivra sa mise en place. Par ailleurs, l’expérimentation se fera uniquement sur la base du volontariat. Enfin, les élèves seront les seuls à pouvoir accéder aux données stockées par l’entreprise Cisco.

Le monde éducatif divisé

« On n’est pas dans le flicage », assure le proviseur du lycée des Eucalyptus de Nice où le dispositif va être testé. Dans les colonnes du journal Le Parisien, Philippe Albert évoque un gain de temps qui permettra de « fluidifier l’entrée » et de « savoir qui rentre dans l’établissement ».

De son côté, Caroline Chevé du syndicat SNES-FFU juge la mesure coûteuse et inutile, car des « intrus peuvent pénétrer dans l’établissement par d’autres endroits que l’entrée principale ». Autre argument avancé : celui d’une forme de déshumanisation introduite par cette technologie. « On préférerait que des moyens soient engagés dans l’embauche de nouveaux surveillants et de médiateurs qui tissent un vrai lien avec les élèves et pas dans cette opération de communication », détaille cette enseignante à Marseille.

Même si la reconnaissance faciale dans les lycées français n’est pas pour demain, le développement de ces moyens de surveillance dans les établissements scolaires est une tendance forte. Vingt millions d’euros ont été consacrés en moins de deux ans pour protéger les lycées franciliens. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, près de la moitié des lycées sont désormais équipés de portiques de sécurité.

Le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer s’est dit quant à lui favorable à l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les lycées. Cette piste de travail pourrait d’ailleurs figurer dans le plan du gouvernement contre les violences scolaires annoncé après l’émotion suscitée par le braquage avec une arme factice d’une professeure en octobre dernier.

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