Emmanuel Macron va lancer son «grand débat national» dans l’Eure

Emmanuel Macron a choisi une petite commune de l’Eure, Grand-Bourgtheroulde, pour débuter, mardi 15 janvier, sa tournée des régions françaises à la rencontre des maires dans le cadre du grand débat national. Durant deux mois, le chef de l’Etat va arpenter l’Hexagone pour écouter ces élus en prise directe avec les citoyens.

Si Emmanuel Macron a choisi de se rendre dans l’Eure pour ce premier déplacement, c’est sur les conseils de Sébastien Lecornu, son ministre en charge des relations avec les élus qui est entre autres l’organisateur du grand débat national pour le gouvernement (avec la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon, selon l’AFP) et qui a été président de ce département de Normandie.

La commune de Grand-Bourgtheroulde, dont le centre sportif va accueillir la rencontre du président de la République avec environ 600 maires normands coche quant à elle un certain nombre de cases.

C’est une petite commune rurale de moins de 4 000 habitants mais surtout c’est qu’on appelle une « commune nouvelle » qui est née du regroupement de plusieurs villages. Et du coup, dans laquelle les problématiques de la ruralité – services publics, mobilité notamment – peuvent être illustrés.

Et puis, les « gilets jaunes » y sont actifs. Le député Bruno Questel en a fait les frais, il fait partie de ces parlementaires qui ont subi des violences. Des coups de feu ont été tirés à proximité de son domicile.

Tous ces sujets seront forcément abordés durant l’échange avec Emmanuel Macron qui vient, dit-on dans son entourage, avant tout pour entendre les doléances. Il prononcera quelques mots au début et il laissera la parole aux maires. Un test grandeur nature de sa volonté d’être à « l’écoute ».

Bouder ou participer ?

Dans la sphère politique, sans surprise, l’opposition est globalement sceptique. Deux camps se dessinent toutefois, ceux qui s’opposent frontalement et ceux qui joueront le jeu.

En tête des opposants farouches au débat : le Rassemblement national. Pour Jordan Bardella, tête de liste aux Européennes, « c’est du vent ».  La lettre d’Emmanuel Macron est le symbole d’une « déconnexion » : « C’est très long. Moi, j’ai le sentiment que Monsieur Macron est quand même très déconnecté des réalités quotidiennes. On sait que les Français veulent la paix fiscale, on sait qu’ils veulent aujourd’hui qu’on ait une baisse significative du niveau d’imposition dans notre pays parce qu’ils n’en peuvent plus. Les Français veulent qu’on mette fin à l’immigration massive aujourd’hui dans le pays. Et encore une fois, Monsieur Macron n’en tient pas compte. »

Pas question de participer au débat non plus du côté de la France insoumise : « une grande diversion » pour Jean-Luc Mélenchon quand le député Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, s’interroge sur l’indépendance des débats : « Le problème, c’est qu’à partir du moment où rien n’est prévu pour qu’on puisse vérifier quels thèmes sont majoritaires et qu’il est hors de question de revenir sur la politique du chef de l’Etat, vous voyez bien que les gens auront beau parler, leurs paroles resteront lettre morte. »

Si le président des Républicains, Laurent Wauquiez voit aussi dans ce débat un « artifice grossier », il place la droite dans le camp de ceux qui joueront le jeu. Laurence Saillet est l’un de ses porte-parole : « En ce qui nous concerne, nous avons une attitude responsable par rapport à ce débat qui est proposé parce que nous voulons sortir le pays du chaos. Donc nous participerons. »

Participeront aussi – malgré leurs réserves – les écologistes « pour sortir d’un climat de guerre », les communistes « avec des propositions concrètes par exemple sur l’évasion fiscale » et les socialistes « pour se faire entendre notamment sur le rétablissement de l’ISF [l’Impôt sur la fortune] ».

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