Retrait de Syrie: l’Américain John Bolton tancé par Erdogan

Après un passage par Israël, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, se trouve à Ankara, en Turquie, ce mardi 8 janvier, pour des entretiens sur le retrait annoncé des troupes américaines de Syrie. Le responsable a rencontré pendant près de deux heures le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que de hauts responsables des ministères de la Défense, des Affaires étrangères et du renseignement… mais pas de ministre, ni Recep Tayyip Erdogan lui-même. Le président turc s’est toutefois exprimé sur la visite de John Bolton, usant d’un ton très offensif.

Les tensions sont telles que, selon la presse turque, Recep Tayyip Erdogan aurait refusé de rencontrer John Bolton – qui en avait fait la demande – poussant le conseiller américain à quitter la Turquie un peu plus tôt que prévu.

Visiblement, le président turc n’a pas du tout apprécié les déclarations de John Bolton ce week-end dernier, lorsque le conseiller de Donald Trump se trouvait en Israël. John Bolton avait expliqué que les soldats américains ne quitteraient la Syrie que si la Turquie promettait de ne pas attaquer les forces kurdes présentes sur place, les YPG, alliés de Washington dans la lutte contre le groupe Etat islamique.

Réponse cinglante de Recep Tayyip Erdogan devant son groupe parlementaire : « Nous ne pouvons pas accepter le message que Bolton a donné en Israël. Nous ne pouvons pas l’avaler. L’organisation terroriste des YPG ne pourra jamais représenter mes citoyens ou mes frères kurdes. Si les Etats-Unis pensent le contraire, ils commettent une très grave erreur. »

Quant aux menaces d’intervention turque à l’est de l’Euphrate, qui semblaient en suspens depuis les annonces de Donald Trump sur un prochain retrait des Etats-Unis de Syrie, Recep Tayyip Erdogan a été clair. « Nous passerons à l’action très bientôt », a prévenu le dirigeant turc, affirmant que son armée avait terminé ses préparatifs à la frontière turco-syrienne.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui débute également une tournée au Moyen-Orient a de son côté déclaré que le président Recep Tayyip Erdogan s’était engagé auprès de son homologue américain Donald Trump à «protéger» les combattants kurdes en Syrie, des propos démentis par la présidence turque. Le porte-parole de la présidence turque, Ibrahim Kalin, a également ajouté : «Ce que nous attendons, c’est que toutes les armes livrées [NDLR : aux milices kurdes syriennes soutenues par Washington] soient récupérées».

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