Sida: 6000 nouvelles contaminations enregistrées chaque année en France

Ce samedi 1er décembre est marquée par la Journée mondiale de lutte contre le sida. En France, malgré les campagnes de prévention, environ 6 000 personnes découvrent chaque année qu’elles sont infectées par le virus.

Les homosexuels et les immigrés restent les deux groupes les plus touchés par le Sida en France. C’est ce que révèle une étude publiée cette semaine Santé publique France, qui s’est intéressée aux personnes ayant découvert leur séropositivité au cours des 21 derniers mois. Près de la moitié des diagnostics positifs ont concerné des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, tandis qu’environ 40 % concernaient des personnes hétérosexuelles nées à l’étranger, la plupart en Afrique subsaharienne. Les hétérosexuels nés en France représentent, eux, 15 % des cas de séropositivité selon l’étude.

Les seniors ne sont pas épargnés par l’épidémie. En 2016, 20 % des personnes qui ont découvert leur séropositivité avaient dépassé la cinquantaine. Parmi elles, les trois quarts avaient entre 50 et 59 ans, et près d’un quart entre 60 et 70 ans. Pour la grande majorité, il s’agit d’hommes.

Au vu des chiffres, il semble que les plus de 50 ans soient moins touchés par le VIH que les autres. Reste qu’ils se font moins souvent dépister, parce qu’ils auraient une perception du risque de contamination plus faible. Les médecins seraient parfois mal à l’aise pour discuter de sexualité avec eux et moins enclins à leur proposer de se faire dépister, considérant eux aussi qu’ils sont peu exposés au risque VIH. Résultat : le nombre de seniors ayant découvert leur séropositivité augmente de 2 % chaque année depuis 2004, en France et dans l’ensemble des pays de l’Union européenne.

Un dépistage qui semble rater sa cible

Autre enseignement de cette enquête : de plus en plus de dépistages sont effectués en France. Six millions de tests en laboratoire ont ainsi été réalisés l’an dernier. Pourtant, près d’une personne sur trois a été diagnostiquée à un stade tardif de l’infection à VIH. Le dépistage semble donc rater sa cible. « En France on dépiste surtout les séronégatifs », constate un médecin.

Sur les 160 000 personnes porteuses du virus en France, 25 000 sont ainsi séropositives sans le savoir, selon une estimation. Une malchance pour les individus concernés qui ratent l’occasion d’être placés sous traitement. Mais aussi pour la collectivité, alors qu’une personne traitée et bien suivie n’est plus contagieuse.

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