Cercle de Kangaba: une école en déliquescence pour cause d’abandon des enseignants

Une délégation de l’Association pour le développement intégré de la commune de Séléfougou dans le cercle de Kangaba a organisé une assemblée générale sur la situation scolaire de la commune rurale de Séléfougou. C’était ce samedi 3 novembre 2018, sous la houlette de Missa Djankinè Camara, 1er adjoint au maire, de Sory Camara, représentant du chef de village et Sékouba Camara, porte-parole de la délégation des ressortissants résidants à Bamako.

Depuis près de deux ans, la mairie de la commune rurale de Séléfougou paye des enseignants qui sont affectés à sa collectivité mais qui ne sont pas sur place ou quand ils sont sur place, sèchent les cours. Une situation que dénonce la population de Séléfougou. Pour résoudre cette problématique, un SOS a été lancé aux ressortissants résidant à Bamako. Informés, les ressortissants ont dépêché une délégation sur place pour discuter avec la mairie sur la question. Elle s’est rendue d’abord au CAP de Kangaba pour s’imprégner du dossier.

Selon Séribatié Mariko, directeur du CAP, le service du centre d’animation pédagogique est purement technique. Pour les enseignants en situation d’abandon de poste au niveau de Séléfougou, ‘’il y a deux cas depuis plus de deux ans et le cas d’un enseignant sur place qui ne rentre pas en classe, dénommé Mamadou Siama, spécialiste en littérature histoire et géographie « LHG ».  Cette situation concernait trois communes dans le cercle de Kangaba, la commune de Maramandougou, celle de Séléfougou et de Benkadi. Aux dires de M. Mariko, les consignes ont été données aux maires des différentes communes concernées de suspendre les salaires de ces enseignants mais seule la commune de Benkadi a pu le faire.

Dans les deux autres communes, la situation reste la même, les enseignants sèchent les cours mais sont payés.

La mairie est-elle en complicité avec les enseignants pour mettre l’école en pièce ? Cette question reste sans réponse. Le directeur du CAP de Kangaba a rappelé que le rôle du CAP a été réduit au suivi, l’évaluation et la formation avec l’arrivée de la décentralisation poussée. Mais pour les villageois, la situation catastrophique des écoles de la commune est la faute du  maire et des directeurs d’écoles.

Cette année 2018-2019, à la rentrée scolaire, il n’y avait que 9 élèves inscrits pour une école qui est ouverte depuis 1962.

Sékouba Camara, porte-parole de la délégation, a beaucoup insisté sur la gestion du directeur du second cycle, Souleymane  Camara, natif du village. Et il a décrié l’absence de comité de gestion scolaire « CGS » qui est l’épine dorsale de l’école. « Le CGS est le représentant de la mairie dans la sphère scolaire, sans le CGS l’école ne peut pas fonctionner », indiquera-t-il. Cette année, l’effectif des candidats au DEF est de 27.

Nanamory Camara, conseiller à la mairie, a rassuré que le remaniement du bureau du comité de gestion se fera très bientôt.

Moribafing Camara

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