Au moins huit personnes disparues après l’effondrement de deux immeubles à Marseille

Au moins huit personnes étaient toujours portées disparues et deux personnes recherchées, lundi soir, après l’effondrement dans la matinée de deux immeubles dans le centre-ville de Marseille.

Les secours étaient à la recherche de huit personnes, lundi 5 novembre, après l’effondrement de deux immeubles d’habitation mitoyens dans le centre-ville de Marseille, lors duquel deux personnes, a priori des passants, ont été légèrement blessées selon un premier bilan.

« Huit personnes auraient été susceptibles de se trouver dans l’immeuble », a déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner arrivé sur place lundi soir, se disant « peu optimiste face à la situation ». Les autorités cherchent en outre à savoir ce que sont devenus deux passants, aperçus sur des images de vidéosurveillance peu avant le sinistre.

« Nous sommes dans l’inquiétude pour ces huit personnes », a encore dit Christophe Castaner. Il y a « peu de chance que l’on puisse trouver des poches de survie. En s’effondrant, un troisième immeuble [tombé en fin d’après-midi, NDLR] a écrasé les gravats des deux premiers ». Mais « tant qu’il y aura le moindre doute, nous rechercherons », a assuré le ministre.

« Les chiens n’ont pas trouvé de piste, les drones thermiques n’ont pas réagi, donc on peut avoir un peu d’espoir », a déclaré le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier, à BFMTV. « Pour autant, c’est assez inquiétant. »

« Ce qui compte c’est que l’on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu’il y en aura », a pour sa part déclaré le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, à la presse.

Les deux immeubles se trouvaient rue d’Aubagne, dans le 1er arrondissement de Marseille, au cœur de la ville. Fragilisé, un troisième édifice s’est en grande partie écroulé à son tour en milieu d’après-midi.

« C’est les maisons des pauvres qui tombent et ce n’est pas un hasard »

Dans un communiqué, la mairie de Marseille précise que l’un d’eux avait été « muré et sécurisé afin d’en empêcher l’accès », tandis que le second avait « donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants ».

Ces travaux, réalisés le 18 octobre, auraient permis le retour des occupants de neuf des 12 logements de l’immeuble, dit-on de source proche du dossier. Selon la municipalité, les fortes pluies qui se sont abattues sur Marseille ces derniers jours pourraient être à l’origine du sinistre.

« C’est les maisons des pauvres qui tombent et ce n’est pas un hasard », a déclaré à la presse le député de Marseille Jean-Luc Mélenchon, qui s’est rendu sur place. Le chef de file de La France insoumise a proposé d’instaurer un « permis de louer » car, a-t-il justifié, « il n’est pas normal que des gens puissent louer des taudis ».

Enquête confiée à la police judiciaire

Une centaine de marins-pompiers et une trentaine de véhicules ont été engagés dans les opérations d’assistance, une intervention particulièrement délicate, selon les secours, en raison de la « fragilisation des immeubles adjacents ».

Une enquête a été confiée à la police judiciaire, qui doit déterminer l’origine de la catastrophe, dans ce quartier défavorisé du centre-ville qui compte de nombreux immeubles dégradés voire insalubres.

La mairie a engagé depuis 2011 un vaste plan de requalification du centre-ville, mais sans pouvoir véritablement remédier au problème. La cité phocéenne est particulièrement concernée : selon un rapport remis au gouvernement en 2015, le logement indigne menace la santé ou la sécurité de « 100 000 habitants » de la ville.

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